1er dimanche de l’Avent B

« Veillez !» C’est le mot d’ordre de ce 1er dimanche de l’Avent. Veillez parce que le Maître de maison, parti en voyage doit revenir au temps fixé de la Parousie, c’est à dire de sa Venue dans la gloire, et « il ne faudrait pas qu’il nous trouve endormis… ». Il s’agit ici de la somnolence spirituelle. Que ceux qui ont besoin de 8h de sommeil ne se culpabilisent pas. La somnolence spirituelle consiste à ne plus être à son travail, et de quel travail il s’agit ? Celui de veiller, de tenir sa flamme allumée ! la flamme de l’amour. « Je le dis à tous : veillez ! »

Veiller signifie pour nous chrétiens : garder le commandement qu’Il nous a laissé : nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimé, c’est à dire jusqu’au martyr. C’est notre vocation spécifique, car le Christ est la Lumière du monde et les chrétiens sont sensés être ceux qui le connaissent, qui savent jusqu’où Il nous a aimé, et qui lui demandent tout, car ils savent qu’Il est un Bon Père, tout proche d’eux, si puissant et si miséricordieux. C’est pourquoi nous sommes des lampes qui donnent la lumière aux autres, et qui se tiennent à la porte. Mais l’évangile nous dit que le Maître « fixe à chacun son travail ». Tous ne veillent pas de la même manière. L’Esprit souffle où il veut, et tous les hommes sont les enfants du Père. La maison n’est pas seulement le peuple chrétien mais l’humanité toute entière, car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ; c’est ce que st Jean-Paul II nous a rappelé à Assise et que le pape François manifeste dans le dialogue inter-religieux qu’il pratique, en l’occurrence en Birmanie. Nos frères juifs pratiquants, qui attendent la venue en gloire du Messie, veillent eux aussi à leur manière ; certains musulmans spirituels (les soufis), veillent aussi à leur manière, les bouddhistes, les hindouistes qui recherchent la paix, veillent aussi à leur manière, et on peut même dire que toute âme de bonne volonté qui écoute sa conscience, et qui observe la loi naturelle inscrite en son cœur, veille aussi à sa manière. Chacun selon les lumières qu’il a reçu. Mais comme il est important qu’un petit reste veille dans la recherche de la paix et de l’amour, et que ceux qui le connaissent, à savoir les chrétiens, puissent l’appeler par son nom et le supplier de nous prendre en pitié et que son règne arrive, que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel. C’est à dire qu’Il vienne se manifester à tous les cœurs droits, Lui qui est l’Unique Rédempteur du monde ! Ne retardons pas l’heure de la Parousie en nous laissant distraire par ce qui n’édifie pas et qui nous éloigne de son commandement d’amour, préférant nous mordre les uns les autres.

La prière de supplication que nous trouvons au livre d’Isaïe, (première lecture), nous pouvons nous l’approprier tant elle est d’actualité : « Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi ». Aujourd’hui ce sont les infos de la radio qui réveillent la plupart de nos contemporains et c’est à elle hélas qu’on rend un culte bien souvent, en prenant pour vérité évangélique tout ce qui nous est transmis, au lieu d’écouter Dieu dans le silence et de nous nourrir de la parole du jour. « Tu nous as caché ton visage, tu nous as livré au pouvoir de nos fautes. Mais maintenant Seigneur, c’est toi notre Père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main » Autrement dit : « Maranatha, viens Seigneur ! viens car nous sommes incapables de calmer la tempête que nous avons déclenchée par notre désobéissance et notre suffisance ; viens Toi-même rouler la pierre de nos tombeaux, car ton Peuple se meurt spirituellement ! »

Celui qui est dans cette attente suppliante et confiante à la fois, « ne manque d’aucun don de la grâce » nous dit St Paul aux corinthiens (2ème lecture) (1 Co 1) Car le Seigneur est avec eux ; Il est avec ceux qui l’attendent ; Il est présent et agissant par l’Esprit qu’il nous a donné, et il prend soin de nous, si nous nous tournons vers Lui avec confiance, en nous nourrissant de sa Parole et de ses sacrements ; en faisant de la prière notre respiration quotidienne, il rend notre fardeau léger ; il ne le supprime pas, mais il le rend supportable car il nous console et fait de notre croix une puissance de rédemption pour le monde. « tout pouvoir est donné à ses serviteurs » et quel pouvoir inimaginable, nous avons, nous les chrétiens, dès lors que nous acceptons, avec la Vierge Marie, d’unir notre volonté à la volonté de Dieu ! C’est comme un contre-pouvoir à la bombe nucléaire. La bombe nucléaire est pour la destruction de peuples entiers, sinon de la planète, notre union au Christ en Marie, par la Sainte Eucharistie nous donne le pouvoir de régénérer toute la création. Alors soyons fidèles, en comptant toujours sur sa grâce pour aimer Dieu et le prochain jusqu’à ce qu’Il vienne nous vivifier et nous préparer à l’éternité.

 

 

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