4ème dimanche Carême B

Nous sommes à mi-parcours de ce temps de carême, et l’Evangile nous invite à regarder le Christ qui a donné sa vie pour nous ; C’est l’axe central de notre carême: fixer notre attention sur Jésus crucifié pour être guéris de la blessure du péché, comme autrefois les hébreux ont fixé le serpent de bronze pour guérir de la morsure mortelle des serpents. Si ma foi est ancrée dans la croix du Christ, qui est le sommet de l’amour, l’ultime Parole d’amour du Père, et qui s’actualise pour moi à chaque Eucharistie, je n’ai rien à craindre, ni du présent ni de l’avenir, ni des épreuves, ni des méchants, ni des démons. En Jésus crucifié, je suis victorieux de tous les « Nabuchodonosor » qui veulent me réduire en esclavage.
Le Seigneur a confié à Ste Gertrude, que celui qui s’attardait à méditer sa Passion et à garder les paroles qu’Il a prononcé dans ces heures de souffrance, recevrait plus facilement ses grâces ; savez -vous que le pape Jean-Paul II faisait son Chemin de Croix tous les vendredis de l’année, et pas seulement pendant le Carême. « Reposez-vous comme la Vierge au pied de la Croix, disait Saint Padre Pio, et vous serez consolés. Même là, Marie n’était pas abandonnée. Au contraire, son Fils l’aima plus encore pour ses souffrances. »
La Croix nous sauve ! Que de guérisons s’opèreraient si nous mettions notre foi dans Ce signe ! Pourquoi d’après vous faisons-nous le signe de croix ? Parce que le chrétien, par définition, est revêtu de Jésus-Christ, depuis le baptême jusqu’à la mort, c’est à dire jusqu’à son entrée dans la gloire. Et le pécheur qui manque de foi, qui manque d’espérance et d’amour, mais qui en a conscience, et qui fait son signe de croix plusieurs fois par jour avec l’esprit d’humilité de demander au Père plus de foi, au Fils plus d’espérance et à l’Esprit, plus d’amour, celui-là ne peut que grandir et se fortifier en vue de sa gloire à venir. Pas seulement la sienne d’ailleurs, car celui qui s’élève, élève le monde.
« C’est par grâce que vous êtes sauvés » avons-nous entendu de la bouche de st Paul. L’Amour de Dieu ne se mérite pas. Nous sommes trop petits pour cela. Nous avons tout reçu gratuitement, notre vie comme notre salut éternel; mais comme le dit st Augustin « si Dieu nous a créés sans nous, il ne nous sauvera pas sans nous ». (Sermon 169) car l’Amour ne s’impose pas. C’est pourquoi St Paul ajoute : « par le moyen de votre foi », c’est à dire moyennant votre « Amen » à cet amour que Dieu propose à chacun. Un amour exigeant certes, mais dont nous ne devons pas avoir peur, car c’est Lui qui est le Maître d’oeuvre, par sa grâce et non nous par nos propres forces.
Le seul mérite que nous ayons face à l’Amour du Seigneur, c’est notre « Amen ». Notre « oui » au Dieu crucifié. Quand Jésus me dit « m’aimes-tu », il ne me le dit pas assis sur un trône de gloire, il me le dit cloué sur la croix, en ayant versé tout son sang pour moi… Quand, à la communion, je réponds « Amen » au prêtre qui me présente le Corps du Christ, cet « Amen » signifie « je crois en ton amour, qui t’a cloué sur la croix pour moi; apprends-moi à me livrer pour Toi et pour mes frères. Apprends-moi cet amour divin qui supporte tout, qui fait confiance en tout, qui espère tout, qui endure tout… et qui ne passera jamais ».

Poster un commentaire