Nuit de Noël B

Si l’on demande à des enfants le moment qu’ils préfèrent à Noël, ils diront à coup sûr le moment des cadeaux, autour de la crèche ou du sapin … et ils ont bien raison, rappelons-nous notre enfance !… Tous nous avons aimé ce moment, davantage pour la tendresse partagée et la joie d’être ensemble, que pour les cadeaux dont on ne se souvient même plus. Cette tradition vient de l’évangile, même si elle prend une tournure regrettable dans nos pays nantis où l’on peut avoir l’impression que la valeur du cadeau est plus importante que l’amour qui est transmis. Ces échanges de cadeaux partagés avec tendresse, on peut les voir comme une liturgie domestique où Dieu se donne. C’est au fond le message universel de Noël : l’incarnation de l’amour. Mais n’oublions pas que tout à commencé avec la naissance historique de ce Tout Petit Enfant descendu du ciel. Ce Tout Petit nous a laissé un commandement : « Aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimé ». De fait, Il nous a montré le chemin.

Dieu qui est Amour, s’est incarné. Il est venu vivre avec nous. Celui qui a fait toute chose, sans qui rien n’existe, Celui que personne n’a jamais vu, s’est rendu visible, en prenant le chemin des hommes, celui du sein très pur de Marie. Ainsi il nous a montré que tout ce qui a trait à notre humanité est sacré, comme Lui-même est sacré ; au point que, si nous nous éloignons de Lui, de sa lumière, de son amour, nous mettons en danger notre humanité, et son avenir. Il est le Remède à notre humanité corrompue et assujettie aux forces du mal. C’est pourquoi nous ne devons pas craindre de nous approcher de Lui, et c’est bien pour cela aussi, qu’Il est venu se faire voir de nous, de la manière la plus tendre qui soit, celle du tout-petit enfant pour que personne ne craigne de s’approcher de lui. Marie et Joseph nous le donnent. Il est notre paix. Il est la paix du monde, qui doit s’établir sur la terre, pour s’achèver dans le Ciel. Tout à l’heure l’Enfant Jésus sera sur l’autel et il se donnera à chacun. Tout le monde ne pourra peut-être pas prendre l’hostie mais cela ne l’empêchera pas de se donner à tous, jusqu’au plus grand pécheur pourvu qu’il se reconnaisse comme tel, et qu’il lui en demande pardon. Il est le Remède à nos égoïsmes, à nos jalousies, à nos colères et à nos rancunes. Ce Tout-petit Enfant est l’antidote du mal. Son innocence et sa vulnérabilité absolues ont eu raison de la toute-puissance orgueilleuse de Satan.

En cette nuit Il vient naître en nos cœurs avec « sur son épaule le signe du pouvoir »: celui de nous racheter, de nous purifier, et de faire de nous « un peuple ardent à faire le bien », en « attendant la bienheureuse espérance de sa manifestation glorieuse. » (st Paul à Tite). En cette nuit, Il vient naître là où Il trouve un cœur ouvert par le repentir. C’est sa crèche, c’est sa mangeoire. A la fin de la Messe, après la bénédiction que je vais vous faire avec l’Enfant Jésus, nous le ferons passer de mains en mains, pendant les derniers chants. Recevez-le quelques secondes avec la simplicité d’un enfant et dites-lui dans votre cœur : « Enfant Jésus Roi d’amour j’ai confiance en ton infinie miséricorde » Et vous le donnerez délicatement à votre voisin ou voisine. Jésus en sera sensible et Il s’en souviendra. En sortant de l’église, en retrouvant la froideur de la nuit, nous penserons à l’Enfant-Jésus caché sous le manteau de la détresse, quelle qu’elle soit, et nous garderons le cœur ouvert aux personnes souffrantes, avec le souci de leur donner du réconfort. Ainsi l’Enfant-Jésus en sera consolé, et le monde s’en trouvera bonifié.

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