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A quoi reconnaissons-nous les saints?

A la lumière de cet évangile, nous pouvons dire à quoi nous reconnaissons les saints: Ils sont heureux ! Huit fois heureux, c’est à dire pleinement! Les saints sont ceux qui ont trouvé le bonheur en plénitude; Mais attention ! Un bonheur qui n’est pas le bonheur du monde, car il ne dépend pas des aléas fragiles de ce monde qui passe, ni des valeurs mondaines liées au pouvoir, à l’argent et au plaisir… C’est un bonheur qui a sa source en Dieu qui est Amour, qui est parfait, et qui est stable comme le Roc. Cet ancrage en Dieu ne rend pas les saints insensibles pour autant au monde extérieur, c’est plutôt l’inverse… Mais ils supportent les situations pénibles de dépouillement, de séparation, de contradictions, de persécutions, d’injustices. Ils ne s’y résignent pas passivement, ils les combattent au contraire, mais à la manière du Christ, de manière pacifique, en s’en remettant à Celui qui juge avec justice.

L’Apocalypse nous dit que les saints sont ceux qui ont « lavé leurs vêtements dans le Sang de l’Agneau » et non des héros sans reproches. Ils ne chantent pas : « Nous avons la gloire que nous méritons, après tout ce que nous avons fait pour Lui ». Ils chantent : « le salut est donné par notre Dieu et par l’Agneau. » Dans l’Ancien Testament, être saint signifiait « être séparé », séparé du monde, séparé des païens, séparé de tout ce qui est impur. Au sens chrétien, la sainteté signifie : être uni à Celui qui est le seul Saint, le Christ, ce qui suppose bien sûr que l’on devienne purs et vertueux. Mais on ne naît pas saint, on le devient, et c’est un chemin parsemé de chutes, petites ou grandes. Les saints sont les sauvés qui se sont laissés purifiés durant leur séjour sur la terre par le Sang du Christ. On pense le plus souvent aux saints du calendrier, mais ceux-là sont des modèles d’exception, une minorité pour stimuler notre ardeur;  mais il y a tous les saints inconnus dont la vie a été banale, sans grandeur ni éclat aux yeux du monde, pourtant ils sont allés au ciel tout droit, grâce à leur fidélité à servir Dieu et leurs frères au milieu de leurs tâches quotidiennes. « Le bien ne fait pas de bruit… » (st Jean Bosco).

Comment devenir saints? Ecoutons encore l’Apocalypse: L’ange qui porte le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant, s’écrie: « ne dévastez pas la terre, ni la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Nous devenons saints quand nous nous laissons marquer du sceau de l’Esprit Saint sur le front, pour aimer comme Dieu. Allusion claire à notre baptême et à notre confirmation, que la sainte Eucharistie vient actualiser sans cesse : « Me voici Jésus pour faire ta volonté : être un avec Toi » C’est le sens de notre présence à la messe.

« Eucharistia » en grecque signifie « action de grâce » A la messe, nous anticipons la louange céleste, devant l’autel qui est le trône de Dieu sur la terre.

Notre mission sur la terre est d’aimer, comme le Christ nous l’a demandé, c’est à dire non de manière orgueilleuse, en se croyant l’auteur de cet amour, mais en rendant grâce à Dieu qui est l’Auteur et le Donateur de tout amour. Nous sommes appelés à former un chœur harmonieux de louange à Dieu et à l’Agneau, qui a un nom, l’Eglise; ce chœur a un chef d’orchestre plus que virtuose, la Vierge Marie, et un compositeur plus que génial, le Christ et Seigneur et son Assistant le Saint-Esprit. Il suffit de se laisser guider par la Vierge, ne pas la quitter des yeux, ni du cœur, et alors s’il nous arrive de faire quelques fausses notes, ce ne sera pas bien grave, elles ne s’entendront pas, à cause de l’unité du chœur, de l’unité de l’Eglise, qui, avec Marie, « exulte en Dieu son Sauveur ». Nous en avons eu une petite démonstration pendant le synode sur la famille.

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