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« De même que la terre fait éclore le germe, le Seigneur fera germer la justice »

homélie du 3ème dimanche de l’Avent                  Par Fr Pierre de la Croix, diacre

Depuis le début de l’Avent, avec l’Eglise toute entière, nous sommes dans l’attente. Et nous savons que l’attente dans la vie des hommes peut se vivre de plusieurs manières : soit elle est angoissante voire même paralysante lorsqu’on attend une nouvelle qui peut nous déstabiliser ; soit elle est stimulante et joyeuse comme celle de l’Eglise en ces jours-ci qui attend son Sauveur. Cette joie de l’Eglise fait référence à la joie d’Isaïe dans la première lecture et à celle de Marie qui, dans le cantique, crie de toutes ses forces la joie de son cœur face aux merveilles du Seigneur dans sa vie : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur ! »

Frères et sœurs, grande est aussi la joie que suscite en moi par cette jolie décoration du temps de l’Avent. Non pas seulement à cause du bel agencement des tissus et des couleurs mais surtout à cause de la troisième bougie qui a été allumée en ce jour synonyme du 3e dimanche de l’Avent, dimanche de la joie qui nous manifeste que le but est proche ; il ne reste plus qu’un pallier pour que le Roi de gloire fasse son entrée dans le monde. Il ne reste plus grand-chose pour que celui qui porte l’insigne du pouvoir sur ses épaules, le prince de la paix, le merveilleux conseiller comme le nomme le prophète Isaïe vienne chez nous. Voilà ce qui motive la joie de l’Eglise en ce jour, voilà ce qui doit motiver notre joie et même qui doit être notre raison de vivre : frères et soeurs, notre Sauveur, notre Rédempteur frappe à nos portes.

Au fait, Jésus est déjà venu !!! Et si Jésus est déjà venu, qu’allons-nous vivre au soir du 24 décembre ? Nous allons célébrer un mémorial et pas n’importe lequel ; nous allons faire mémoire de la naissance de Jésus, mémoire de ce jour où le Fils de l’Eternel Dieu des Armées s’est désarmé ou dépouillé de sa condition divine pour épouser notre misère mieux pour nous enrichir de sa divinité. Ce temps a également la particularité, comme on l’a déjà entendu dernièrement, de nous donner de tendre vers les fins dernières où le Maître reviendra vêtu de gloire et de majesté pour rencontrer ses amis.

Mais entre ces 2 venues, saint Bernard nous fait savoir qu’il n’y a pas de vide. Au contraire, il y a une venue intermédiaire du Seigneur tous les jours, à chaque instant à travers sa Parole, les sacrements, le frère ou la sœur qu’il place à nos côtés. Et comme dit Jean-Baptiste aux pharisiens : « … au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ». Oui Jésus est là présent dans la foule mais le monde ne le reconnait pas ; le monde ne reconnait pas celui qui est la lumière véritable, par conséquent il fait le choix des ténèbres ; et peu à peu on le voit sombrer dans la violence et la terreur ; et petit à petit on voit la peur gagner le terrain dans les cœurs.

C’est là, frères et soeurs, que nous, chrétiens, avons un rôle très important à jouer. En effet, nous sommes appelés à être des Jean-Baptiste pour le monde, des hommes et des femmes qui préparent le chemin au Christ, nous sommes appelés à être ceux-là qui crient dans le désert de nos familles, de nos lieux de service pour que l’on aplanisse le chemin du Seigneur ne serait-ce que par notre comportement. Saint Paul dit aux Thessaloniciens : « Eloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal. »

Pour cela, il faut au préalable que nous soyons nous même pétris de la parole de Dieu pour être, comme Jean-Baptiste, témoin de la Lumière. En plus de la Parole de Dieu, nous avons encore d’autres moyens ; et les sacrements sont au cœur de ces moyens ; c’est dans les sacrements que le chrétien puise sa force. Combien de personnes, il nous est arrivé d’entendre dire que sans l’Eucharistie, sans la confession je ne pourrais pas tenir ; ce sont nos trésors et l’Esprit de Dieu réside en eux dans sa plénitude.

Oui frères et soeurs, Jean-Baptiste était transparent de la grâce de Dieu à telle enseigne que ceux qui venaient à lui le confondait avec le Messie annoncé et attendu. Ainsi saint Paul nous demande de ne point éteindre l’Esprit mais de le prier sans relâche pour qu’il vienne chez nous, pour qu’il vienne en nous ; il est le seul capable de nous configurer au Christ, de former en nous son image pour être des « alter christus », des autres Christ pour notre société, mais qui ne sont pas le Christ. Dans ce sens Jean-Baptiste dira en toute humilité qu’il n’est pas le Messie et qu’il n’est même pas digne de défaire la courroie de ses sandales.

Oui frères et soeurs, en ces temps qui sont les derniers, appelons et supplions l’Esprit du Seigneur pour qu’il vienne transformer et renouveler toute chose en nous et autour de nous. Et c’est fort de ce travail de l’Esprit qui vient encore et sans cesse opérer en nous, que nous pourrons avec Isaïe et Marie tressaillir d’allégresse pour les merveilles du Seigneur dans nos vies. Alors, que le Seigneur nous prenne en pitié ; que l’intercession de la Vierge Marie ne nous fasse pas défaut et que nos saints patrons nous accompagnent sur ce chemin qui nous conduit vers l’Enfant-Roi qui vient.

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