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Homélie 2ème dimanche Temps ordinaire B

Nous inaugurons aujourd’hui la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Que nous dit l’Esprit, à travers la Parole de ce jour ? Il est d’autant plus important d’y être attentif, que nous voyons s’intensifier les douleurs de l’enfantement de la nouvelle création et se déchaîner les forces qui lui sont hostiles. La Parole de Dieu nous donne le moyen de couper court à cette surenchère de la violence, du mépris et de la haine de l’autre, quelle qu’en soit sa forme.

On nous dit dans l’évangile que Jean-Baptiste posa son regard sur Jésus qui allait et venait, et dit: « Voici l’Agneau de Dieu » Il a reconnu le Sauveur parce qu’il a pris le temps de le regarder… Il dit : « voici l’Agneau de Dieu » c’est à dire : voici la Victime innocente au Cœur pur, qui prend sur Lui les péchés du monde pour les faire disparaître dans son immolation, dans son Saint Sacrifice ; et ceci pour que nous retrouvions la paix avec Dieu. Cela passe par le Sacrifice que nous célébrons. Il ne peut y avoir de paix entre les hommes, que si l’on est d’abord réconcilié avec Dieu. Mais pour saisir le sens et la valeur de son Saint Sacrifice, il faut chercher à le connaïtre.

Dieu en Jésus-Christ, se révèle aux hommes pour qu’ils le connaissent à travers une relation d’amitié intime. A la question « que cherchez vous ? » de Jésus, les disciples de Jean-Baptiste lui ouvrent leur cœur avec simplicité : « Maître où demeures-tu ? » C’est une manière de lui dire : « Nous voulons te connaître… c’est ton amitié que nous recherchons, et non de simples rapports cordiaux ». La volonté de Dieu, elle est là ! Que nous recherchions son amitié, et non de simples rapports cordiaux. Notre unité intérieure en est l’enjeu vital. L’unité intérieure produit l’unité communautaire, et cette unité, quand elle est l’œuvre de Dieu, elle devient irresistible, contagieuse, elle fait des apôtres, et elle appelle le don de Dieu, don de sa miséricorde qui est la paix universelle ; cette paix que nous appelons de nos vœux à chaque Eucharistie. C’est le projet de Dieu, mais que l’homme ne prétende pas bâtir cette paix par lui-même, c’est Babel qu’il bâtira ! La paix sociale et planétaire ne peut advenir sans l’intervention de Dieu.

Recherchons l’amitié de Jésus. Pour cela les disciples « restèrent auprès de lui ce jour là » L’ami, quand on le voit, on se réjouit et on reste un certain temps en sa présence, en sa compagnie. Il en va tout autrement des relations de convention, que nous subissons, et dont nous voulons nous débarrasser au plus vite parce que nous n’y retirons pas grand chose. Comment prions-nous ? Comme un acte bref que nous accomplissons pour libérer notre conscience et vaquer rapidement à ce qui nous plaît, à ce qui retient notre cœur, et que l’on appelle idole ? Ou est-ce que notre prière dure parce qu’elle est la rencontre joyeuse avec l’ami de toujours, avec le plus grand Ami qui est Dieu. Si nous voulons que le Christ nous révèle son Cœur et tous les trésors d’amour qu’il contient, il nous faut rester avec Lui dans la prière un temps suffisant, sans quoi notre foi risque d’être un simple verni culturel qui ne tiendra pas devant le déchaînement des flots. Quand on prend sa voiture en hiver pour un déplacement de quelques minutes, le chauffage n’a pas grande utilité. Il faut que le déplacement dure un minimum de temps pour goûter les bienfaits du chauffage. Ainsi en est-il de la prière.

C’est ce que nous dit l’épisode du petit Samuel : Samuel est invité à entrer dans le dialogue avec Dieu. Mais au début, il préfère s’appuyer sur un homme, le prêtre Eli, « parce qu’il ne connait pas encore le Seigneur ». Ce n’est que lorsqu’il se tourne résolument vers Dieu, se mettant à son écoute, comme l’y invite le prêtre, qu’il commence à le connaître et à grandir dans sa connaissance, afin d’être ce qu’il doit être en vérité : le grand prophète Samuel. Plus nous sommes avec Lui, (particulièrement dans la prière et les sacrements)plus Il est avec nous ; plus nous demeurons en lui, plus Il demeure en nous, faisant de notre cœur, de notre âme, et même de notre corps, son temple saint, c’est à dire pur, où les feux de la concupiscence s’éteignent, par sa grâce, pour que tout notre être rende gloire à Dieu « Si vous êtes ce que vous devez être, dit Sainte Catherine de Sienne, vous mettrez le feu au monde entier » non le feu de la mitraille, mais le feu de l’Esprit de justice, d’amour et de paix.

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