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Homélie 6ème dimanche de Pâques

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé. Si nous sommes fidèles à ce commandement, nous sommes remplis du Saint-Esprit car nous demeurons dans son amour, et son amour demeure en nous. Et « si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui et nous ferons en lui notre demeure. » Ce commandement unique – mais il ne faut pas oublié le « comme » – c’est l’amitié retrouvée avec Dieu. L’amitié perdue par le péché, est retrouvée grâce au Christ qui a donné sa vie en expiation pour nos péchés (ce que nous rappelle l’apôtre Jean dans la 1ère lettre) ; et grâce au Sacrifice de Jésus, son Esprit qui est aussi l’Esprit du Père, et que l’on appelle le Saint-Esprit, nous est communiqué, pourvu que nous ayons le cœur ouvert par la crainte de Dieu. (Pierre dans les Actes des apôtres).

Jésus dit dans l’Evangile : « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis » Ce qui fait la spécificité du chrétien, c’est qu’il devient l’ami de Dieu, son intime, en Jésus-Christ.  Les amis, on les choisit et on les chérit : « c’est moi qui vous ai choisis  » dira Jésus. Aux amis, on dit tout, à la différence des serviteurs qui ne sont pas forcément au courant de ce que fait le maître; les amis sont ceux à qui le Seigneur ne cache rien ; ceux qu’il avertit de ses projets, ceux qu’il éclaire de son Saint-Esprit pour que le monde change, pour que le Royaume progresse. (Nous entendions hier que l’Esprit a empêché Paul et ses compagnons d’aller en Bythinie, mais qu’il les a appelé en Macédoine (Ac 16, 1-10) On appelle cela la divine Providence.

L’amitié exige la réciprocité : « vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande », à savoir de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimé. Aimer comme le Christ ! Le Christ « ne fait pas de différence entre les hommes » (Ac 10) Quelle que soit leur race, leur culture, leur couleur de peau, leur religion, « il les accueille » « pourvu qu’ils aient la crainte de Dieu ». Accueillir les personnes de toute race, de toute religion, nous savons le faire, mais ce qui est plus difficile, c’est que Jésus aime aussi ceux qui ne l’aiment pas. Rappelons-nous sa parole: « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite aurez-vous, les païens n’en font-ils pas autant ? »

Comment aimer ceux qui ne nous aiment pas ? St Jean nous donne une réponse dans sa première épître : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour que nous vivions par Lui » Il n’y a que lui qui puisse, par son Esprit, accomplir en nous ce commandement de nous aimer les uns les autres. Ce qu’il nous faut, c’est rechercher son amitié, et nous appliquer à la conserver; ce que le catéchisme appelle « vivre en état de grâce » Personne ne peut avoir la certitude d’être en état de grâce, d’être pleinement uni au Christ, sans tomber dans la présomption, mais il revient à chacun de s’efforcer d’y être. Et Dieu fond devant les larmes d’un cœur contrit.

La prière est indispensable, mais pas la prière mécanique, la prière avec le cœur, la prière qui est un cœur à coeur avec Celui qui nous aime à la folie. Le sommet de la prière, c’est la Messe, où nous rencontrons Jésus en personne, à travers sa Parole et sa Présence eucharistique, réelle et substantielle : « Alors, dit Jésus, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera ». Que notre Mère du Ciel, en ce mois qui lui est consacré, nous aide à grandir dans cette amitié avec Dieu, qui nous fera traverser toutes les épreuves et qui nous fera porter beaucoup de fruits jusqu’en vie éternelle.

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