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homélie baptême de Jésus par fr Pierre de la croix, diacre

« Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. » Ce verset du psaume dit toute la sollicitude de Dieu à notre égard. Ce Dieu qui ne change pas, même au cœur des évènements douloureux comme ceux que le pays a vécu cette semaine ; sa miséricorde n’a pas de limite. Elle coule et coule encore et ceci depuis la nuit de Noël où nous allons de bénédiction en bénédiction et de révélation en révélation. Oui à Noël, le Seigneur a choisi de se révéler aux exclus de ce monde, aux bergers ; dimanche dernier, nous avons célébré l’universalité du salut avec la révélation de Jésus aux mages ; et aujourd’hui juste après le baptême de Jésus, c’est le Père lui-même qui se charge de le révéler à Israël son peuple. C’est cet évènement que nous célébrons.

Comparativement aux autres évangélistes, Marc n’est pas très prolixe sur l’évènement. Il va à l’essentiel : le baptême du Seigneur. Ce baptême, rite de purification que recevaient les juifs pieux à l’époque de Jésus, n’est pas celui que nous avons reçu, vous et moi, mais il y a un profond lien entre les deux. Une des questions qu’on peut se poser ici est de savoir est-ce que Jésus que nous confessons égal au Père avait besoin de ce baptême ?  Evidemment, il n’en avait pas besoin ; il est Dieu avant, pendant et après son baptême ; celui-ci n’ajoute et n’enlève rien à sa nature divine. Mais Jésus se fait tout de même baptiser. Alors pourquoi reçoit-il le baptême ? Est-ce une fantaisie ?

Saint Jérôme, dans son commentaire de cet évangile, nous donne trois raisons : « Premièrement, parce que, étant né homme Il doit, comme les autres, respecter la loi dans la justice et l’humilité. Deuxièmement, il le fait pour rendre témoignage à Jean. Troisièmement pour montrer, en sanctifiant les eaux du Jourdain par la descente de la colombe, l’avènement de l’Esprit Saint dans le baptême des croyants ». Disons tout simplement que Jésus nous dévoile en quelque sorte la teneur de sa mission lui qui se fait solidaire des pécheurs. C’est l’inauguration de son ministère publique en présence de l’Esprit-Saint qui descend sur lui et en présence du Père qui lui donne son quitus à travers ces paroles : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie ». Nous sommes là devant une théophanie où le Dieu des chrétiens, le Dieu trinitaire Père, Fils et Saint Esprit se manifeste. Avant ce moment, les cieux nous étaient fermés mais à présent nous pouvons nous délecter des réalités d’en-haut.

Alors pour les chrétiens, c’est vraiment un bonheur de célébrer cette fête où l’Eglise nous donne non seulement l’occasion de méditer sur ce mystère lumineux de la vie de Jésus mais aussi l’opportunité de prendre conscience de cette réalité qu’est notre baptême. En méditant sur ce texte de Marc, il me revenait sans cesse à l’esprit la célèbre phrase du saint Pape Jean Paul II qui date du 1er juin 1980 : « France fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » d’autres diront « qu’as-tu fait de ton baptême ? »

Cette question je veux nous la poser aujourd’hui. Non pas parce que nous avons renoncé aux promesses de notre baptême ; mais pour que chacun prenne conscience de la responsabilité qui est la sienne. Le baptême de l’unique Fils inaugure sa mission, tandis que le nôtre fait de nous des fils adoptifs dans l’unique Fils ; notre baptême a aussi la particularité d’être le signe du oui que nous avons dit à la foi de l’Eglise qui nous a été transmise et qui est protégée par le sang des martyrs. Dieu seul sait combien de personnes ont donné leurs vies pour que cette foi parvienne jusqu’à nous. En commençant par le Fils de Dieu lui-même.

« Ce qui nous a fait vaincre le monde, c’est notre foi » nous dit saint Jean dans la 2e lecture. La foi chrétienne est un don et une force qui doit animer notre vie, à telle enseigne que tout ce que nous faisons doit être fait au nom de Père et du Fils et du Saint Esprit ; et ceci en communion avec l’Eglise. Ne dit-on pas que : « un chrétien seul est un chrétien en danger ». Je veux encore insister et persister à nous dire que nous sommes responsables de la foi de l’Eglise et responsables de sa transmission. Aujourd’hui on nous dit que cette charge est dévouée aux grands-parents, ce qui est une bonne chose ; mais où sont passés les parents ? Chers parents, nous aurons des comptes à rendre au sujet de nos enfants. C’est bien beau de dire : « je le laisse ; il choisira plus tard » ; qu’est-ce qui nous garantit que le terrain restera vierge ? On sait bien que la nature à horreur du vide. Ainsi le singe de Dieu aura vite fait de passer pour poser ses marques et ce sera trop tard. Donnons Jésus à ces enfants : il est le sujet et l’objet de la foi chrétienne. Bien évidemment, on ne peut le donner que si nous l’avons reçu nous même.

« Ce qui nous a fait vaincre le monde, c’est notre foi » nous dit saint Jean. Oui nous avons dans nos mains et dans nos cœurs un trésor incomparable ; rien en ce monde ne peut l’égaler à telle enseigne que saint Paul va s’écrier qu’à cause d’elle, à cause de la foi au Fils de Dieu, je considère tout comme des balayures. Frères et soeurs, « il est grand le mystère de la foi ».

En cette eucharistie, je nous invite tout simplement à dire merci au Seigneur pour ce merveilleux don ; à lui dire merci d’avoir fait de nous des chrétiens. Et supplions-le de nous défaire des filets de l’ignorance et de la confusion ; car ce sont là des armes que le singe de Dieu, le malin affectionne et utilise pour nous malmener. Par les prières de Marie, que l’Esprit-Saint vienne sur nous comme il est venu sur Jésus pour que nous soyons aptes et fidèles pour la mission.

« Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. »

Frère Pierre de la croix, diacre

 

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