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Je le dis à tous : « Veillez ! »

Comme j’aime ce temps de l’Avent ! Je l’aime parce qu’il nous met face à une donnée essentielle de la Révélation : Le monde dans lequel nous sommes, livré aux mains des hommes (dont beaucoup ne savent ce qu’ils font) ne restera pas toujours en leur pouvoir. Car le Maître de nos vies, qui nous a créé pour le bonheur d’être avec lui, va revenir mettre de l’ordre dans sa maison… et, dit l’Evangile :« il ne faudrait pas qu’il nous trouve endormis ». Surtout ceux de ses serviteurs qui ont la tâche particulière de veiller, d’être des veilleurs. On est veilleur pour avertir ceux qui sont dans la maison, c’est à dire tous les peuples de la terre, même ceux qui pensent ne plus avoir la foi.

Je le dis à tous : « veillez !» Cela s’adresse aux chrétiens qui savent que ce monde est appelé à retrouver « sa splendeur première » comme le dit une préface de la messe, et que cette splendeur promise ne peut advenir qu’avec le Retour du Seigneur. Les chrétiens savent (ou devraient savoir) que la paix et l’harmonie entre les hommes, de même que la pacification des lois du cosmos, ne pourront jamais advenir sans l’avènement du Seigneur, Prince de la paix, qui nous a dit en frémissant: « trouverais-je la foi sur la terre ?».

Celui qui est dans cette attente, «ne manque d’aucun don de la grâce » nous dit St Paul dans la deuxième lecture (1 Co 1) Attendre la Révélation glorieuse du Seigneur, c’est le premier sens à donner l’injonction du Seigneur que nous avons entendu : « Je vous le dis : veillez ! ». Car lorsqu’ il viendra dans sa gloire, il ne sera plus temps de se convertir. Les dés seront jetés ; la porte nous sera ouverte ou  nous sera fermée. Ce qui ne veut pas dire que nous serons perdu pour autant, mais que nous devrons passer par le « feu »… Si nous ne l’attendons pas, nous nous endormons, nous passons à côté de la grâce qui nous est donnée chaque jour et chaque nuit, et peu à peu nous nous installons, au point que nos actes deviennent « souillés », comme le dit le prophète Isaïe, mêmes nos bonnes actions, pourquoi ? parce que nous les faisons pour satisfaire des intérêts humains, et non pour la seule gloire de Dieu.

Quand tu te réveilles la nuit ? A quoi penses-tu ? A te rendormir aussitôt ? Ou as-tu un élan du cœur vers Dieu, ne serait-ce que pour lui dire « Je dors, mais mon cœur veille. Viens Seigneur Jésus, change mon cœur et convertis le monde ». Quand tu te lèves le matin, commences-tu ta journée avec Lui, en lui offrant tes joies et tes peines? Et ton travail, le fais-tu avec cœur, avec amour, pour le bon plaisir de Dieu, ou le fais-tu avec convoitise, compromission et pour satisfaire des intérêts égoïstes ? Et quand l’épreuve te frappe ? Es-tu de ceux qui se découragent, qui tournent le dos à Dieu ? Ou de ceux qui se jettent, comme des petits enfants, dans ses bras, sachant que son Cœur est un Cœur transpercé tout comme le Cœur de notre Mère ; sachant aussi que nul n’échappe à la souffrance et qu’il est avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps, même si nous ne le sentons pas, pour alléger notre fardeau, jusqu’à ce qu’il vienne.

Nous l’avons entendu de la bouche de St Paul : « c’est Lui qui vous fera tenir jusqu’au bout, pour être sans reproche au Jour de notre Seigneur. Car Dieu est fidèle…» (1 Co 1, 8) Ce ne sont pas nos forces, nos qualités humaines (et nous en avons) qui nous feront tenir bon dans la foi, c’est sa grâce ! Encore faut-il s’en emparer en fréquentant les sacrements, en lisant amoureusement la Parole de Dieu, en prenant le temps de l’oraison et de la prière sous le manteau de Marie, en nous mettant au service de nos frères. Alors nous veillerons… et si parfois nous tombons, nous nous relevons aussitôt, en comptant toujours sur sa grâce miséricordieuse. Et quand Il viendra, Celui que nous attendons, Il nous traitera selon la mesure de notre attente.

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