28ème dimanche T Ord

Un homme accourt vers Jésus et lui demande ce qu’il doit faire pour hériter de la vie éternelle. Une question que beaucoup de nos contemporains ne se posent même plus, soit parce qu’ils désespèrent de la vie, soit parce qu’ils sont tellement gâtés par l’existence, qu’ils ne pensent qu’à la prolonger, et même à augmenter l’homme, en se prenant pour Dieu. C’est la tentation actuelle du transhumanisme. Jésus renvoie cet homme aux commandements inscris dans le cœur de tout homme pour orienter sa vie morale. Mais avant cela il souligne une vérité capitale: « Dieu seul est bon ». C’est important de se le rappeler, surtout quand on est tenté de se croire juste… « Dieu seul est bon » ; cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas capables de bonté, cela veut dire que l’origine de notre bonté, est en Lui. Lui seul est bon. Sans cette prise de conscience, il n’y a pas d’humilité véritable.
« Jésus posa son regard sur lui et l’aima. » nous dit st Marc, dès lors qu’il lui a assuré avoir observé les commandements depuis sa jeunesse ; Aimer les commandements de Dieu, s’efforcer de les observer, instaure un lien d’amour avec Dieu, parce que Sa Parole c’est Lui ; et prendre en considération cette Parole, c’est l’aimer, Lui, et travailler pour Lui, pour la réalisation de son plan divin de salut. L’homme a perdu sa bonté originelle depuis que le péché est entré dans le monde, mais nous avons un Sauveur qui est venu vaincre Satan, et nous restaurer – non sans notre consentement – dans cette bonté qu’il a toujours désiré pour nous.
Pourtant il manque quelque chose d’essentiel à cet homme pour qu’il puisse œuvrer à cette restauration de l’humanité. Il lui manque la pauvreté du cœur. Certains chrétiens s’imaginent être justes parce qu’ils ne tuent pas, ne commettent pas d’adultère, parce que leur éducation leur a appris à ne pas voler, à ne pas mentir… alors ils développent une belle estime d’eux-mêmes, mais, symptôme révélateur : ils jugent les autres… Or le Royaume n’est pas réservé à une élite de gens bien éduqués, il appartient aux amoureux de Dieu qui sont prêts à tout quitter pour lui plaire. Tout, et dans ce « tout », le plus difficile, c’est de se quitter soi-même, c’est-à-dire son « Moi » orgueilleux et égoïste, notre volonté de puissance, notre insatiable convoitise. Il faut être épris de Dieu pour devenir vraiment libre face aux êtres et aux choses, et cet élan du cœur, ne peut venir que de l’Esprit Saint qui nous communique l’infinie tendresse du Père.
« Comme il est difficile aux riches d’entrer dans le Royaume des cieux ! » dit Jésus. Jésus ne fait pas le procès des possédants, mais le procès de ceux qui sont esclaves de leurs biens. Qu’ils soient extérieurs ou qu’ils soient intérieurs. On pense au compte en banque mais c’est la partie émergée de l’iceberg. On peut être esclave de tant des choses : de son travail, de ses loisirs, des soins que l’on donne à son corps, de son conjoint, de ses enfants, de ses amis, de l’image que l’on veut donner de soi… et si ces idoles se brisent, on se prend à douter de Dieu qui n’est plus le bien-aimé de notre âme. Mais quand on est amoureux, n’est-ce pas pour le meilleur et pour le pire ? Suis-je amoureux de Dieu ? Son Esprit qui vit en moi, me fait-il tenir pour rien toutes les richesses du monde, comme le dit le livre de la Sagesse ? Sa Parole vivante qui me pénètre jusqu’aux jointures de l’âme et de l’esprit, dit la lettre aux hébreux, juge jusqu’aux intentions et aux pensées de nos cœurs… c’est bien plus que la lettre des commandements.
L’évidence, c’est que je ne l’aime pas, en tout cas pas suffisamment… Qui peut prétendre n’avoir jamais fait de tort à personne, ne serait-ce que par sa langue ? Oui, personnellement, je peux dire que je l’ai suivi en renonçant à mes biens, en quittant à cause de l’Evangile une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants et c’est vrai que j’ai le sentiment d’avoir tout retrouver au centuple… mais ai-je vraiment tout quitter ? pas sûr… le monde nous rattrape si facilement ne serait-ce que par cette petite fenêtre (smartphone)… N’oublions jamais que nous portons un trésor dans des vases d’argile et que l’Ennemi nous guette. Mais ce qui peut paraître impossible à l’homme, « est possible à Dieu », si nous sommes résolument des mendiants de son Esprit Saint, de sa grâce. C’est lui qui nous détache des biens qui passent et qui nous attire à Lui. Mais il a besoin de notre « oui », et ce « oui » se concrétise dans la prière qui doit tendre à devenir continuelle. Le plus sûr chemin, est de mettre notre oui dans le oui de Marie, notre Mère, à travers son signe qui a fait ses preuves, le Rosaire. Mettons-nous avec Marie à l’école de l’Esprit pour progresser dans l’amour de Jésus, dans l’amour de sa Parole vivante qui fait en nous ce qu’elle dit si nous lui laissons toute la place.

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