2ème dimanche Carême A

Le Seigneur fait entrevoir à Pierre, Jacques et Jean la gloire qui se manifestera quand Jésus-Christ ressuscité paraîtra de nouveau à la fin des temps : Les trois apôtres ne sont pas emportés dans les hauteurs, mais c’est la nuée qui descend et les couvre de son ombre, tandis que paraissent Moïse et Elie, c’est-à-dire les saints les plus emblématiques de l’Ancienne Alliance, qui symbolisent à eux seuls la loi et les prophètes. C’est comme si un voile se levait sur une réalité déjà là, mais ordinairement cachée par notre condition présente. En effet la gloire, la vie éternelle, est déjà au milieu de nous, et c’est la foi qui nous fait adhérer à cette réalité encore invisible. C’est pourquoi, devant ce récit, on ne doit pas se dire qu’ils sont bien chanceux, Pierre, Jacques et Jean, d’entrevoir le ciel, mais que si cette réalité leur a été manifesté, elle existe aussi pour nous, elle existe aussi pour moi.
Dieu qui est bon, fait vivre à chacun, si son cœur est ouvert, des moments de grâce particuliers, des moments d’illumination intérieure, qui nous font voir autrement la réalité, qui nous donnent envie d’aimer Dieu et les autres, et qui nous donnent une joie qui n’est pas de ce monde. Vous savez, ces moments où l’on prend conscience que Jésus est vraiment ressuscité, qu’il est vivant, qu’il est Dieu tout puissant, que sa Parole est vivante et agissante, et que le ciel n’est pas loin de nous, que Jésus, la Vierge et les saints, sont à nos côtés. Personnellement, je me souviens avoir vécu cette grâce l’année de mes 18 ans. J’ai compris que le Saint-Esprit me couvrait de son ombre chaque fois que je priais avec le cœur et spécialement à la Messe. J’ai compris que la Messe était mon Thabor – le Saint Sacrifice du Christ – où Sa Sainte Présence vivante nous justifie et nous donne la vie. J’ai compris que je devais écouter le Seigneur plus que le monde, pour être transformé en profondeur, et être prêt quand se manifestera notre gloire à venir.
La figure d’Abraham nous est donnée en exemple ; il est le père des croyants, notre père dans la foi, parce qu’il a accueilli la grâce, en quittant toutes ses sécurités pour faire ce que Dieu lui demandait, posant des actes de foi et d’espérance répétés au cœur des nombreuses épreuves qu’il a traversé. De même st Paul exhorte Timothée, lui disant : « avec la force de Dieu, prends ta part de souffrances liées à l’annonce de l’Evangile. Car Dieu nous a sauvés… » A l’heure de l’épreuve, qu’elle vienne du Coronavirus ou de tant d’autres fléaux possibles, nous sommes appelés à rendre compte de notre foi, en refusant de céder à la peur. Car en Jésus-Christ, le chrétien n’est-il pas déjà mort? et sa vie n’est-elle pas « cachée avec le Christ en Dieu? Quand le Christ paraîtra, nous paraîtrons avec lui plein de gloire » (Col 3, 4). Voilà notre espérance invincible ! Il ne s’agit pas de sous-estimer les dangers qui nous menacent, et de faire un bras d’honneur aux recommandations de bon sens qui nous sont faites, mais il s’agit de ne pas oublier que nos vies sont dans les mains de Dieu et que le véritable danger auquel il nous faut à tout prix remédier, c’est la noirceur de notre âme contractée par le virus du péché consenti. Péché contre la pureté, péché contre l’humilité, péché contre la charité… Que l’épreuve nous ramène à Dieu, à la prière et à la vie de foi, pour que l’Esprit nous couvre de son ombre, et nous protège de Satan. « Qu’il y ait toujours au centre de ta vie, un autel et un confessionnal », disait Padre Pio à l’un de ses fils spirituel en guise de testament spirituel. Car l’essentiel c’est la grâce qui le fait, plus que nos bonnes œuvres. Gardons toujours dans le cœur ces paroles du psaume 32 : : « Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine ».

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