5ème dimanche T Ord

« Vous êtes le sel de la terre…vous êtes la lumière du monde » dit Jésus à ses disciples. Il ne veut pas dire que les chrétiens sont les meilleurs, mais qu’ils sont indispensables pour que le monde goûte au vrai bonheur. Comme le sel est indispensable pour apprécier un menu, comme la lumière est indispensable pour apprécier ce qui nous entoure ; de même le chrétien a une vocation, une mission absolument nécessaire pour que le monde goûte à la vraie joie. Car le chrétien a la clé du sens de la vie. C’est un atout indispensable au bonheur. Cette clé c’est Jésus-Christ, lumière du monde, que nous avons célébré d’une manière spéciale dimanche dernier. Quand nous parlons de Dieu, nous savons de qui nous parlons car Il nous a révélé son Cœur, infiniment tendre et miséricordieux ; et nous savons où nous allons, car Il nous a révélé son merveilleux dessein de salut. C’est un atout considérable !
Pourtant Jésus n’a pas dit : « vous êtes les lumières du monde », parce qu’il n’y a qu’une lumière : Jésus-Christ, et c’est, ensemble, en Lui, unis à Lui, que nous formons le Corps du Christ qui est Lumière. On n’est pas chrétien tout seul, on est chrétien ensemble, en famille, en Eglise, unis par les liens de la charité et de la paix ; tant que les chrétiens demeureront divisés, ils ne rempliront pas leur mission d’être la lumière du monde. Si nous sommes unis, cette lumière devient contagieuse car tous, nous avons soif d’amour et de paix. Aucun chrétien, isolément, ne peut prétendre être cette lumière, ni détenir à lui seul la vérité, ni se déclarer saint. « vous serez saints parce que Moi Je suis saint » dit le Seigneur dans le livre du Lévitique. Et dans ce « Je suis », il y a le Christ total (tête et corps), ce qu’avait bien compris ste Jeanne d’Arc qui, à ses juges, qui lui demandaient si en obéissant à ses voix, elle pensait obéir à Dieu ou à l’Eglise, a répondu: « m’est avis que le Christ et l’Eglise c’est tout un » même si ses membres sont des pécheurs et que certains peuvent être corrompus jusqu’à la moelle comme l’évêque Cochon qui a condamné Jeanne d’Arc pour des motifs politiques. Elle a été “sel de la terre” et “lumière du monde” en aimant la vraie vie jusqu’à donner la sienne, comme le Christ son Epoux, pour la rédemption du monde.
Le sel comme la lumière sont fait pour se donner ; les chrétiens ont la mission de se donner aux autres comme le Christ, en aimant Dieu et le prochain jusqu’à tout donner et se donner soi-même. Le chrétien qui vit ce don total de lui-même, devient un témoin, un martyr (c’est le même mot) indispensable… indispensable, au sens où il participe à la rédemption du monde, il apporte sa pierre à l’édifice du Royaume qui vient. On dit que le sel conserve aussi les aliments, eh bien le chrétien en participant avec le Christ à la rédemption du monde, contribue à sa conservation. Grâce au Christ et à ceux qui sont au Christ, le monde ne s’autodétruira pas ; il sera transformé.
Vous êtes un certain nombre, malades, à demander le sacrement des malades, qui est un sacrement de guérison, et le Seigneur en est heureux. Il est heureux quand on compte sur sa grâce avec foi, et vous serez tous visités, certains seront guéris si Dieu le veut, et il est bon de l’espérer, mais ce qui est sûr, c’est que, dans le Christ, tout homme est délivré de la malediction attachée à la maladie, de sorte que le malade uni au Christ, devient lui aussi sel de la terre et lumière du monde, quand il accepte d’être avec le Christ sur la croix, pour le salut du monde. Et quand la santé nous sourit, le bon usage que l’on en fait, en ne se dérobant pas à son semblable, comme le dit Isaïe, en étant soucieux du pauvre et du faible, on apporte là aussi sa pierre indispensable à l’avènement du Royaume. Notre sainteté qui est participation de la sainteté du Christ, nous fait aimer en actes et en vérité, aimer en donnant, aimer en pardonnant, aimer en se refusant de juger, aimer en supportant, aimer en remerciant, avec toujours au cœur le sentiment d’être en deça de ce qui nous est demandé, car dans l’ordre de l’Amour, on peut toujours faire plus, « davantage », disait st Vincent de Paul à la reine Margot.

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