Dimanche de Pâques A

Le tombeau est vide. C’est le premier signe de la résurrection du Seigneur, dont Marie-Madeleine est le premier témoin. Elle en informe aussitôt Pierre et Jean qui accourent pour constater l’évidence de l’absence de Jésus. Après Pierre, Jean entre dans le tombeau, et il est le premier à croire. Il croit parce qu’il était présent au moment de l’ensevelissement, et il constate que les linges, à savoir le linceul qui enveloppait le corps et la mentonnière qui entourait la tête pour lui tenir la bouche étaient à leur place, la mentonnière toujours enroulée, désignant l’emplacement de la tête devenue invisible, et le suaire, affaissé sur lui-même.
Il vit et il crut qu’il n’y a pas eu d’intervention humaine. Mais son corps ressuscité, corps de lumière, a traversé la matière des linges comme il traversera les portes closes du cénacle en se montrant aux apôtres. La pierre a été miraculeusement roulée mais elle aurait pu restée close sans qu’il n’ait aucun mal à en sortir. Si elle a été roulée c’est pour signifier que désormais la prophétie d’Ezéchiel s’accomplit « Vous saurez que je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, O mon Peuple ». (Ez 37, 13) Jésus est le premier-né d’entre les morts, Premier-né d’une multitude de fils et de filles qui auront part à sa résurrection. La Vierge Marie, est « la première en chemin », la première à avoir suivie son Fils dans la glorification de tout son être, corps et âme.
Toute la foi de l’Eglise, et toute son espérance, repose sur ce témoignage de Pierre, de Jean, de Marie-Madeleine, des douze et de plus de 500 personnes à qui Jésus ressuscité est apparu au même moment puisque son corps transfiguré n’est plus soumis, ni à l’espace ni au temps. Jésus-Christ, lumière du monde ressuscite sa propre chair, comme une nouvelle création qui a vaincu tous ses ennemi, le dernier ennemi étant la mort.
Saint Paul veut nous faire entrer dans cette espérance, en nous exhortant à désirer les réalités d’en haut et non celles de la terre, puisque notre résurrection a, en quelque sorte, déjà eu lieu avec la sienne ; par notre baptême, nous formons un seul corps avec lui, et nous sommes passés de la mort à la vie. C’est donc de foi et d’espérance qu’il nous faut vivre. Avons-nous le cœur tourné vers l’avenir de bonheur qu’Il nous promet ? Si oui, alors la prière doit être notre respiration quotidienne, et Jésus vivant notre Rempart. Laissons-le nous apporter, au cœur de ce vieux monde qui passe, le fruit de sa présence qui est sa paix indicible, au cœur même des ténèbres qui nous environnent. A défaut de miser sur le Ressuscité, nous risquerons de regarder l’avenir avec crainte, et le passé avec nostalgie, nous risquerons de perdre courage dans les épreuves, pour la jouissance du prince de ce monde. Laissons le Ressuscité nous guérir du pouvoir du diable, et devenons ses témoins de lumière, de force et de joie, avec notre Mère à nos côtés.

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