Nuit de Noël C

Selon une tradition ancienne, la liturgie prévoit trois messes successives pour la fête de Noël: la messe de la nuit, la messe de l’aurore, et la messe du jour. Et à chacune de ces messes, les lectures changent et présentent un aspect différent du mystère. Notre messe de la nuit se concentre sur l’événement historique de la Nativité dans sa simplicité déconcertante, même si la présence de la multitude des anges donne un caractère surnaturel à cet événement unique de l’histoire de la création ; un événement qui intéresse autant le monde invisible que le monde visible. C’est bon de sentir que nous formons une seule et même famille et qu’un jour il n’y aura plus de voile ! Nous verrons nos anges et tous nos amis du ciel !
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, chantent-ils, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». On disait autrefois : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté », on voyait derrière ces hommes de bonne volonté tous les hommes honnêtes qui recherchent le bien et la vérité. Mais les biblistes sont formels : la juste traduction est « Paix aux hommes que Dieu aime ». Cette annonce est encore plus réconfortante, car elle est inclusive, elle n’excut personne.
Si la paix était accordée aux hommes pour ce qu’ils font c’est à dire pour leur bonne volonté, elle serait limitée à un petit nombre, à ceux qui la méritent ; mais comme elle est accordée en fonction de la bonne volonté de Dieu, c’est-à-dire de sa pure miséricorde, elle est offerte à tous, que l’on soit fier de son parcours ou que l’on n’en soit pas fier… Cet évangile de Noël vient le confirmer. Noël, c’est d’abord et avant tout l’annonce éclatante de la bonne volonté de Dieu à l’égard de tous les hommes, en commençant par les plus grands pécheurs. A l’époque de Jésus, les bergers avaient mauvaise réputation, celle d’être voleurs, malhonnêtes, au point de n’être pas autorisés à entrer au Temple, ni à témoigner lors de procès.
L’Enfant-Dieu a voulu prendre, dès sa naissance la dernière place, afin d’être accessible à tous, et en premier lieu, à ceux dont l’âme a perdu sa beauté à cause de leurs nombreux péchés. C’est à eux, en premier qu’Il ouvre ses petits bras, blotti entre un papa et une maman, selon le dessein du Créateur. La Sainte Famille est notre « petite Trinité sur la terre » qui vient apporter la Vie et la guérison à tous les blessés de la terre, et spécialement à ceux qui n’ont pas eu de famille. Jésus, dans les bras de Marie, sous le regard aimant de Joseph, vient sauver tous les hommes du poison du péché qui est comme l’inflammation de nos blessures sous l’influence du tentateur qui ne cesse de vouloir tirer profit de nos failles. Le Petit-Enfant Dieu est plus grand que tous les péchés du monde, aussi nombreux qu’ils puissent être.
Alors que nous voyons de plus en plus clairement l’Adversaire montrer son visage hideux, ne perdons pas pieds, Dieu aura raison de tous nos maux, de toutes les violences, de tous les mensonges, de toutes les pouvoirs corrupteurs qui veulent asservir l’homme. Ne soyons ni du côté des « justes » qui n’ont pas besoin de repentir, ni du côté de l’esprit mondain qui veut nous asservir ; la crèche nous dit : « revenez à Moi », et les anges nous disent : « ne craignez pas à cause de vos faiblesses, de vos peurs, de vos manques d’amour, de vos difficultés à pardonner, « Un enfant nous est né… le signe du pouvoir est sur son épaule…son nom est proclamé : Merveilleux-conseiller, Dieu-Fort, Père éternel, Prince de la Paix ». Appuyons-nous donc sur Lui, sur sa Mère et sur St Joseph, ils nous aideront à nous prononcer courageusement pour Dieu, pour la vérité, pour la justice, à nous détacher du péché, et sa grâce qui est donnée aux humbles nous fera vivre en homme juste, pieux et ardent à faire le bien. Amen (Tite 2, 14)

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