Nuit de Noël

Un enfant nous est né, un Fils nous est donné, nous annonce le prophète Isaïe. Ce « tout-petit », Unique au monde, qui n’est pas né d’un vouloir d’homme, mais d’un vouloir divin, a le pouvoir sur ses épaules, on le proclame Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père Eternel, Prince de la Paix. En peu de mots, le prophète Isaïe a tout dit du plus grand événement de l’histoire. Tellement grand, tellement, qu’il est annoncé dès la Genèse, quand, après la faute de nos premiers parents, Dieu dit au serpent qu’une hostilité sera mise entre lui et la Femme, et qu’elle lui écrasera la tête.
Ce tout-petit de Bethléem a sur les épaules le pouvoir d’anéantir le Mal qui s’est logé dans le cœur de l’homme. Tout part du cœur. Le bon et le mauvais. Le cœur de l’homme est la cité de Dieu, que Satan a un jour pris d’assaut lors du péché des origines et que Dieu est venu reconquérir en venant dans le monde. Il est ce tout-petit qui tend les bras aux hommes en commençant par les plus pécheurs d’entre eux. C’est bien ce qu’il veut nous dire en choisissant de naître dans une grotte qui tient lieu d’étable, et non dans un palais de roi : Ce qu’il y a de vil et d’animal en chacun de nous, ne lui fait pas peur. Il a juste besoin d’être accueilli, comme il l’a été par le bœuf et l’âne (selon la Tradition), comme il l’a été par les bergers, qui n’ont pas craint d’aller au devant de Lui, malgré leur misère, malgré leur indigence spirituelle, car il faut bien dire qu’à l’époque de Jésus, ils n’étaient pas des gens de grande vertu, mais plutôt des marginaux peu fréquentables.
L’Enfant divin a pris un chemin pour se donner à nous. C’est la Vierge pure et sans tâche qui nous le présente sous le regard protecteur du Juste et chaste Joseph. Cela veut dire quelque chose… cela veut dire que la vertu a du prix pour lui, et que s’il ne craint pas d’être livré aux mains des pécheurs que nous sommes, il n’attend pas moins de nous que nous le gardions comme notre plus grand trésor, et que nous le consolions, comme Il a été consolé. Il a voulu être protégé et consolé par un père et une mère dignes de Lui, c’est-à-dire remplis de son Esprit d’amour, de justice et de paix. Et nous savons – parce que Jésus nous la dit – que chacun de nous, peut devenir son père ou sa mère, en vivant de son Esprit, en se déterminant à prendre soin de Lui.
Jésus souffre tellement de l’indifférence des hommes qui n’ont de regard que pour ce qui brille, pour les mondanités, où il est absent. Au contraire, nous avons soin de Jésus quand nous accueillons sa Parole chaque jour, que nous la gardons, pour la laisser changer notre cœur ; nous avons soin de Jésus et nous le consolons quand nous communions au Pain de Vie avec un cœur aimant, et purifié ; nous avons soin de Jésus et nous le consolons quand nous lui faisons un berceau digne de lui dans notre cœur parce que nous confessons régulièrement nos péchés dans le sacrement de sa miséricorde ; nous avons soin de Jésus et nous le consolons quand nous nous souvenons qu’Il s’est identifié aux plus souffrants, aux plus pauvres, aux plus petits, et que ce que nous faisons pour eux, c’est à lui que nous le faisons.
On le proclame Merveilleux Conseiller, Dieu fort, Père Eternel, Prince de la Paix dit le prophète. Tous ces noms lui conviennent puisqu’Il est l’Unique Dieu, en trois personnes. En le contemplant, nous voyons la tendresse du Père Eternel, si fort et si puissant, nous voyons la tendresse du Fils, Prince de la Paix, qui donne la paix au monde par sa vie offerte, et nous voyons la tendresse du Saint-Esprit, Merveilleux Conseiller qui vient établir cette paix dans les cœurs. La Sainte Trinité qui a tout créé et qui nous fait exister, est là dans ce tout-petit enfant qui nous tend les bras. N’ayons pas peur de nous approcher de Lui. A chaque Messe il vient à nous sur l’Autel pour nous donner sa paix. Nous manquons de paix ? Allons à Lui et laissons-le nous toucher, nous caresser, nous aimer, car tout ce qu’Il touche, il le transforme, en amour, en paix, en joie, non pas momentanés, mais qui jaillissent en vie éternelle. fermons nos yeux, c’est la nuit profonde de Noël, tournons-nous vers Marie qui nous tend son Enfant, serrons-le sur notre cœur, et disons-lui : « Enfant Jésus, je t’adore, je t’aime et j’ai confiance en ton Amour invincible. »

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