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En chassant les vendeurs du temple, Jésus pose un acte prophétique

Jésus monte à Jérusalem, alors que la Pâque approche, fête centrale des juifs. Il se rend au temple qui est le lieu privilégié de la prière, c’est à dire de la rencontre et du dialogue avec Dieu. Or les marchands d’animaux et les changeurs occupaient le premier parvis du temple, réservé originellement aux païens désireux de s’associer à la prière des juifs purifiés.

Ce bétail en vente était destiné à être immolé pour les sacrifices dans le temple ; et puisque dans le temple on ne pouvait utiliser les pièces sur lesquelles étaient représentés les empereurs romains, en opposition avec le vrai Dieu, il fallait les échanger contre des pièces sur lesquelles n’étaient pas représentées des images d’idoles.

Jésus pose alors un acte prophétique. Ne pensons pas qu’il perde tout d’un coup la maîtrise de lui-même. Il sait très bien ce qu’il fait et il fait ce que l’Esprit du Père lui commande. Il agit en Prophète et en Roi. En prophète pour dénoncer l’injustice, et en Roi pour inaugurer en sa personne un Règne nouveau. Ce qu’il dénonce c’est une forme de corruption, où les intérêts temporels ont fini par l’emporter sur les intérêts spirituels. Les autorités religieuses ont autorisé progressivement cette intrusion en raison des gains que représentaient pour eux ces ventes, mais c’était au détriment des païens en recherche, qui étaient empêchés de communier à la prière. Jésus dénonce cette dérive. La prière avant tout !

Aujourd’hui, nous pouvons nous interroger sur notre manière de vivre notre foi et notre pratique religieuse. Vivons-nous ce que nous annonçons pour être contagieux auprès de ceux qui sont en recherche et qui se posent des questions ? Nos lieux de culte sont-ils suffisamment accueillants, priants, vivants, pour que le Saint-Esprit puisse toucher ceux qui ne connaissent pas Dieu. Permettons-nous suffisamment au Seigneur de chasser les marchands du temple de notre cœur ? Toutes ces tentations de vanité qui nous font perdre la grâce de l’humble serviteur, pour satisfaire nos désirs de pouvoir, nos appétits égoïstes et orgueilleux.

En même temps que Jésus dénonce, il annonce un temps nouveau de l’histoire, celui où l’on adore en esprit et en vérité, parce que la Présence de Dieu n’est plus signifiée par un temple fait de main d’homme mais par son propre Corps offert en sacrifice pour le salut de la multitude. Nous sommes intégrés à ce Corps par le baptême, mais comme nous sommes malgré tout pécheurs, pour devenir des membres vivants de ce Corps, nous devons fréquenter le confessionnal qui nous purifie et la Sainte Eucharistie qui nous fortifie. Dès lors, plus besoin de sacrifices d’animaux, plus besoin de monnaie de changeurs pour être pardonné. Ce temps est révolu car la mort et la Résurrection du Christ nous rachètent pour toujours: « Détruisez ce temple, en trois jours je le relèverai » Désormais nous sommes le temple de Dieu et nous le glorifions en nous unissant totalement au Christ par notre foi agissante, à la fois humble et aimante.

 

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