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Laetare Jerusalem, réjouis-toi Jérusalem par fr Pierre de la croix, diacre

La sainte Eglise, notre Mère se réjouit ce dimanche pour la merveille qu’est notre salut. Ce salut qui se manifeste pour nous aujourd’hui par la proclamation de la Bonne nouvelle de l’Evangile (Lc 7, 22). Pour cela, bénissons le Seigneur pour l’évangile qu’il nous fait entendre ce jour. Un évangile qui est tiré de la rencontre de Jésus avec le notable pharisien Nicodème. On se rappelle que ce dernier était venu voir Jésus de nuit pour lui demander ce qu’il fallait faire pour rentrer dans le royaume des cieux et Jésus lui avait fait comprendre qu’il était indispensable de « naître de l’eau et de l’Esprit » c’est dire naître de nouveau (Jn 3, 1-7). Cette nouvelle naissance a été manifeste pour nous, frères et sœurs, le jour de notre baptême. D’où l’interpellation du choix radical que le Seigneur nous adresse en ce jour.

Avec les jeunes, cet après-midi, nous avons essayé de réfléchir sur ce choix et on s’est rendu compte qu’il est difficile de le poser parce que notre oui est sans cesse sollicité par un certain nombre de choses mais la plus importante de toutes ces choses, c’est la vérité. Le Seigneur nous invite aujourd’hui, frères et sœurs, à faire la vérité : « Celui qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3, 21). Or faire la vérité c’est opter pour la vie véritable et la vie véritable appelle forcément à la conversion c’est-à-dire au rejet tous ces mensonges et autres compromis qui nous polluent la vie.

Ainsi comme le peuple des hébreux dans le désert, nous devons lutter contre les morsures de serpent c’est-à-dire le péché sur toutes ses formes ; ce péché qui nous fait mal et fait mal aux autres. Et le moyen que le Seigneur nous donne en ce jour, ce n’est plus le serpent de bronze de Moïse, mais il nous demande de lever les yeux vers le Christ sur la Croix (Jn 3, 14-15). C’est là la source de notre salut, c’est le lieu de notre régénération où chacun est introduit dans la vie nouvelle avec le Christ. Face à ce message, comment ne pas renter dans la joie de l’Eglise en ce jour ?

Frères et sœurs, tous nous sommes au courant que notre monde sent mauvais parce que structuré d’une certaine façon par le péché et le mal va grandissant en lui ; ce qui peut être, pour des gens bien comme vous, une source d’inquiétude. Mais au cœur de ce monde-là et même s’il nous arrive parfois de céder au mal dans nos vies à cause de la dureté de nos cœurs, une chose est sûre, le mal et le malin n’ont et n’auront pas le dernier mot dans nos vies. Alors ne nous laissons pas ronger et surtout abattre, faisons confiance à la grâce. Déjà saint Paul aux Romains : «Là où le péché [je rajoute le mal et la souffrance ont] abondé, la grâce a surabondé » (Rom 5). Oui la victoire sur le mal, le Christ, notre Seigneur, l’a acquise une fois pour toute sur le bois de la Croix et ceci au prix de son sang.

A nous chrétiens de rentrer dans cette victoire en faisant, non pas comme Nicodème qui va repartir sur ses pas sans une véritable démarche vers le salut, mais en optant pour la vérité car c’est elle qui nous rend libre (Jn 8, 32). Cette vérité, notons-le, a un nom : Jésus-Christ. La difficulté, c’est que nous chrétiens, nous ne sommes pas nous-mêmes très convaincus de cette vérité d’où nous nous trouvons à la chercher dans des sources polluées et polluantes.

Oui frères et sœurs, comme dit saint Jean : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » (Jn 3, 16). Alors avec la pause que nous offre l’Eglise en ce jour (Dimanche de laetare), nous pouvons, si nous le voulons, repartir à zéro avec le Christ. Oui nous pouvons l’accueillir de manière nouvelle dans cette Eucharistie, lui qui vient réconcilier l’humanité toute entière avec Dieu son Père.

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